Comme beaucoup de monde, j’ai très peu de souvenirs de ma petite enfance, mais l’un d’entre eux est encore tout frais dans mon esprit, il remonte pourtant à une trentaine d’années.

Je suis en vacances en Algérie dans la maison familiale, assis près de mon grand-père. Il a entre les mains une feuille de papier et des crayons. Je l’observe pendant quelques minutes. Puis, en récompense de ma patience, il me montre ce qu’il « fabriquait » sur ce bout de papier ; un ciel bleu et orange, un sol verdoyant qui semble s’étendre sur la feuille et, à la plus grande surprise de mes yeux d’enfant, une maison qui n’est pas la somme d’un rectangle et d’un triangle mais une forme bien plus complexe. Oh bien sûr, j’ai déjà dessiné des bonhommes filiformes, mais ça qu’est-ce que c’est ? Le patriarche vient de me présenter le premier dessin réaliste de ma vie et je sais à présent que cette chose me plaira à jamais.

Je grandis en conservant cet attrait pour le dessin, cependant je suis une autre voie professionnelle, plus « traditionnelle ».

Après avoir essayé plusieurs secteurs d’activité, je me rends compte, comme une révélation, que l’on peut pratiquer un métier en relation avec ses passions. Et voilà, je reprends des études en communication visuelle ; j’obtiens mon diplôme en 2006 et commence ma vie de graphiste.

Ce métier est très épanouissant pour moi, il me fait évoluer rapidement dans mes créations. Je découvre la colorimétrie que j’avais abordée, comme nombre de camarades, de manière concise en cours de physique au collège. Plus jeune, j’ai aimé le graffiti qui me mène à la calligraphie puis à la typographie (qui regroupe les deux précédents), forme la plus pure de l’écriture et de notre moyen de communication à tous. Me voilà familiarisé avec la base incontournable d’une bonne communication : un visuel efficace allié à de belles lettres, pour un message qui se veut agréable et percutant.

Après avoir travaillé dans différents types de sociétés (maison d’édition, imprimerie, agence de communication…), je décide en 2011 de devenir indépendant, ou plutôt semi-indépendant. En effet, les premières années, je suis auto-entrepreneur en parallèle de ma collaboration en agence.

Fin 2014, je vole enfin de mes propres ailes : « ça y est papi, j’y suis arrivé ! »